La porcherie de Trébrivan

  La porcherie des 23.000 porcelets de Poiroux a son double… en Bretagne, à Trébrivan (22), alors on relaie ici le message de nos copains bretons :

Le projet

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A Trébrivan, on aime le bon cochon… mais on est  »allergique » aux élevages industriels et concentrationnaires qui produisent de la «malbouffe»…

Sur la commune de Trébrivan (698 habitants), l’association  »Sous le vent, les pieds sur terre » s’oppose depuis 2008 à l’implantation d’une maternité porcine industrielle. Cette maternité collective a été créée au nom du bien être animal par 5 porchers des Côtes d’Armor et la société Kerlouann, détenue au 2 / 3 par le groupe financier AVRIL-SOFIPROTEOL. Pour ces associés, qui habitent respectivement à 90 kms, 65 kms, 46 kms et 26 kms de Trébrivan, c’est le prétexte pour une restructuration… et la délocalisation de la pollution du Nord des Côtes d’Armor, déjà bien sinistrées, en Centre Ouest Bretagne.

A l’entrée du Bourg, une ferme-usine de près de 1.000 truies pour un sevrage annuel de 23.000 porcelets, avec plus de 7 tonnes d’ammoniac rejetées dans l’atmosphère, plus de 5.000 m 3 de lisier, un plan d’épandage de 480 hectares sur le canton de Maël-Carhaix qui se situe sur les bassins versants de l’Aulne et du Blavet !

C’est une véritable provocation d’avoir choisi ce secteur environnemental particulièrement sensible, aux confins des Monts d’Arrée, avec une forte pluviométrie, des pentes importantes, un sol schisteux stratifié, fracturé, cerné par un chevelu très dense de rus, de ruisseaux, de nombreuses sources, des zones humides et des eaux souterraines, hélas, très dégradées. Des conditions qui sembleraient suffisantes pour interdire la création d’industries polluantes dans un des châteaux d’eau de la Bretagne. Tout ce secteur bocagé, avant le remembrement autoritaire des années 1970, avait pour vocation l’élevage. Ces terres de paturage sont aujourd’hui devenues des grands champs stériles destinés aux cultures aberrantes d’une agriculture intensive qui entraîne la mort silencieuse

des campagnes et de la paysannerie !

La Bretagne (6% du territoire national) concentre 60% des élevages industriels qui participent à la pollution de l’eau, l’air, la terre, menacent la santé, maltraitent les animaux, viennent en concurrence déloyale avec les petits producteurs locaux et hypothèquent toute autre forme de développement.

Cette belle région, phagocytée depuis plus de cinquante ans par les lobbies de l’agro-alimentaire, est devenue une immense éponge à lisier. Les conséquences écologiques les plus visibles sont connues de tous : marées vertes sur les plages du littoral, blooms d’algues bleues ou cyanobactéries dans les eaux douces (baignade et pêche interdites par l’A.R.S.). Mais aussi le décès d’un transporteur d’algues vertes en décomposition, l’intoxication par les pesticides d’ex-salariés de Nutréa-Triskalia ainsi que la mort de nombreux animaux sur le littoral breton, témoignent du caractère mortifère de cette agriculture intensive qui entretient un comportement contre-nature avec l’environnement.

 »Qui entendra, enfin, le cri d’un Pays qu’on égorge ? »

L’association

Créée le 28 juillet 2008,  »Sous le vent, les pieds sur terre » ( »Avel-stourm, hon treistok-mat ouzh an Douar »), est une association loi 1901.

Elle a pour objet :

«La défense de l’environnement (l’eau, l’air, les sols), la préservation, la valorisation du cadre de vie et du patrimoine sur le Canton de Maël-Carhaix (…) Elle se donne comme moyens d’actions toutes les possibilités autorisées par la loi et, notamment, d’agir en justice pour l’application des lois etréglements en matière de protection de l’environnement».

Elle agit :

Donne l’alerte, proteste et informe par toutes formes de médiatisation / Sensibilise les politiques à tous les étages / Se concerte avec d’autres associations de défense de l’environnement (membre d’ERB, de CANE (FNE), co-créatrice de la Coordination Verte & Bleue et du collectif P.L.E.I.N. A.I.R.) / Se documente auprès de spécialistes (syndicalistes, scientifiques, juristes). Elle affiche sa non-violence en organisant des manifestations festives et humoristiques : création de la Cie BOCOCO / collaboration avec le dessinateur Alain GOUTAL.

Une bataille juridique au long cours :

  • Le 14 avril 2010, après deux enquêtes publiques (2008 & 2009) et malgré une mobilisation importante des riverains, le préfet des Côtes d’Armor signe l’autorisation d’exploiter.
  • En juin 2010, l’association dépose un recours de plein contentieux au Tribunal Administratif de Rennes (après avoir épuisé le recours contre le permis de construire, le recours suspensif contre l’arrêté et un appel au Conseil d’Etat).
  • Le 14 janvier 2011 inauguration en grande pompe de la maternité porcine, high Tech et moderne, présentée à toute la profession comme modèle du genre par la filière porcine.
  • Le 13 juillet 2012 le Tribunal Administratif de Rennes donne raison à l’association : il annule l’arrêté préfectoral. Les porchers font appel, ils n’appliquent ni les méthodes, ni les mesures décrites dans leur dossier… et l’I.C.P.E. fonctionne par dérogation avec l’obligation de déposer un 3 ème dossier.
  • En septembre 2013, 3 ème enquête publique.
  • Le 26 septembre 2014, la Cour Administrative d’Appel de Nantes confirme l’annulation du Tribunal Administratif de Rennes. Coïncidence (?), ce même jour à la préfecture de Saint-Brieuc le CODERST émet un avis favorable sur le 3 ème dossier
  • Le 7 octobre 2014, dans la foulée, les services de l’Etat signent un nouvel arrêté d’autorisation d’exploiter.

 »La justice passe, les services de l’Etat outre-passent et l’environnement trépasse ! »

Nouveau recours ??? Affaire à suivre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Responsable éditorial :

Association  »Sous le vent, les pieds sur terre » /  »Avel-stourm, hon trei stok-mat ouzh an Douar »

Présidente Sylvie GOURDON Siège social : 3, Lieu-dit Guénaric 22340 TREBRIVAN