Le roi nu en scène à Poiroux

Quand le  mythe du « roi nu » se met en scène !

        Il y avait, pour paraphraser Jacques Prévert, un « grand dîner de têtes » organisé à l’occasion de l’inauguration d’une école publique à Poiroux….petite cité vendéenne retirée à l’intérieur des terres et sujette à une autre forme inaugurale : celle d’une porcherie industrielle non loin de là, la première dans le secteur !
Arrivé quelque peu à l’avance, j’observais, sous le couvert d’un regard sociologique, le balai théâtral qui se déroulait en amont de l’arrivée des officiels. Bien en vue au centre du parking et appuyé au cul de ma voiture ornée d’un autocollant « non à l’aéroport NDDL », je me permettais de poser par cette présence observatrice un « oui à l’arrêt aux porcs » qu’un gendarme dévolu à la protection a rapidement remarqué. Un peu tout seul au milieu de tout le monde en quelque sorte. Le reste des arrivants, officiels et non officiels prenaient soin de m’éviter pour aller se serrer la main tout en me jetant soit une parfaite indifférence ostensiblement affichée, soit des regards à teinte légèrement hostile. L’interrogation de cette présence que je n’aurai pas l’arrogance de qualifier de « gênante » mais simplement d’être un peu   « originale » vint bien entendu animer la curiosité d’un représentant des forces de l’ordre, présentes aussi pour l’occasion, on s’en doute.
Un gendarme vint s’enquérir de mon identité avec  une élégance indéniablement très professionnelle : en gros, qu’est ce que je foutais là, mais contrairement à ce qui m’arriva à Dampierre de la part d’un organisateur assez bourru, la formule utilisée fut très aimable, correcte et très « citoyenne » au final. Cette amabilité légèrement inquisitrice eut pour effet une conversation qui dénotait de mon impression d’ensemble, et je rends honneur à ce militaire, ayant en mémoire que des militaires ont parfois eu plus la tête sur les épaules que des civils. Pour mémoire le général de la Bolardière en est un bel exemple.
Mon sentiment d’être au sein du poème de Prévert perdurait, et j’argumentais aux questions légitimes de ce gendarme au sujet de ma présence sur ces lieux en utilisant le biais de la sociologie : je venais observer comment, alors que le réchauffement climatique était à notre porte, une population s’accommodait-elle de la venue prochaine d’une ferme usine à proximité ?
La réponse à voir était malheureusement évidente : aveugles à leur propre aveuglement, la plupart des personnes présentes se préoccupaient plus de savoir si la belle chemise sortie et portée pour l’occasion leur allait bien au tain plutôt que de s’enquérir sur l’incidence ou pas d’une porcherie industrielle sur le dérèglement climatique. Face d’ailleurs aux brochettes de chamallows qui me passait devant le nez pour aller trôner sur le buffet préparer pour l’occasion au milieu de la cour de l’école,  je me sentais un peu chamallow moi-même… Le seul réconfort fut curieusement en provenance de ce militaire qui, sans bien entendu abonder dans mon sens par devoir de neutralité,  se préoccupait authentiquement d’agir en force de police respectueuse de sa fonction.
Le mythe du « roi nu » est le suivant : le roi est nu, les courtisans sont habillés, bien entendu. Nulle courtisane et nul courtisan n’oserait faire remarquer au roi sa nudité sous peine de passer de la cour au cachot… Un enfant présent à l’arrivée du roi lui fait remarquer  sa nudité. La gêne circule dans la courtisanerie, choisissant au final le déni pour sauvegarder leur tête. L’enfant a dit la vérité et ne dit-on pas qu’elle sort de la bouche des enfants, parfois assez gênante?
Eh bien, en cette occasion, les enfants furent les militants du collectif de lutte contre la porcherie, et bien moins nombreux que les courtisanes et courtisans, ils tentèrent d’éveiller les consciences et de faire part de leur  inquiétude citoyenne tout aussi légitime que la présence d’officiels à l’inauguration d’une école publique…
J’ai quitté le lieu avant d’être témoin des échanges d’opinion, devant me rendre à un autre type de réunion, celle du collectif anti-tafta, puisque militant du « Mouvement pour une Alternative Non-violente » je suis essentiellement  au service de l’éthique défendue par le mouvement « Attac ». Mais bon, il n’était pas question d’en faire état dans cette ambiance à tonalité légèrement « paranoïaque », et d’ailleurs une autre voiture de gendarmes était en faction au lieu dit de la future porcherie ! Mais là, pas de manifestation animale, les animaux n’ont ni la parole, ni banderoles ! Bien dommage, parce que leur bien-traitance est difficile à promouvoir ! Et ils ne peuvent opposer aux humains qui les abusent qu’un pauvre triste couinement.
Les nouvelles pensées de Pascal
cycle : « Quelle époque épique ».

Rassemblement à Poiroux

Monsieur le préfet et Monsieur le président du conseil général de Vendée seront présent à l’école de Poiroux ce mardi 08 Septembre prochain. Une bonne occasion de faire entendre une fois de plus notre détermination à ne PAS VOIR OUVRIR cette usine à cochons … Malgré l’avancement de la construction Il n’est jamais trop tard; 1, plus 1, plus 1, plus 1, … feront une GROSSE voix pour affirmer notre volonté de PROTÉGER NOTRE ENVIRONNEMENT , notre agriculture et notre économie. Il ne s’agit pas de faire de tort à l’école; juste de notre présence et quelques pancartes, dans le respect et la bonne humeur, pour JUSTE dire NON NON NON à l’USINE à COCHONS à nos élus. Amenez vous, vos voisins, vos amis, votre famille pour contester ce projet qui ne nous promet qu’un désastre sanitaire, écologique, économique et social. A mardi les amis.

2015-09-07 poiroux ecole